Groupe de travail sur la conduite des programmes d'armement

Publié le par Armée du futur

Dans le cadre de sa réflexion sur l'armée du futur, le comité lance un groupe de travail sur la conduite des programmes d'armement. En effet, si la performance du matériel est un élément majeur de la supériorité des armées modernes, cette performance ne peut plus être comprise aussi simplement qu'auparavant. Ce n'est plus seulement la vitesse, la portée ou la précision qui importent, il faut être en permanence adapté à l'ennemi qu'on combat. Or, la plupart des matériels entrés en service récemment, donc a priori performants, ont en réalité été lancés pour faire face à l'Union Soviétique : le Leclerc en 1972, le Tigre en 1984, le VBCI en 1988, etc.

A un moindre niveau, nous sommes confrontés quotidiennement à des évolutions tactiques et techniques. L'utilisation des engins explosifs improvisés en Irak ou en Afghanistan fournit un bon exemple de la réactivité et même de l'inventivité de nos ennemis. Sauf à retrouver un adversaire unique et stable, il faut prendre conscience que, quelles que soient ses qualités techniques, un matériel dont le développement dure plus de 10 ans sera fatalement inadapté.

Ces durées ne peuvent que partiellement s'expliquer par la complexité des matériels à développer : ainsi le canon CAESAR, développé sur fonds propres par Nexter et proposé à l'armée française dès 1993, n'est-il entré en service que cette année. Cette lenteur s'explique par le processus même d'acquisition : son principe, datant pour l'essentiel de 1988 et reposant sur des itérations successives, ne permet pas des acquisition rapides. Sa réforme est donc inévitable. Il suffit pour s'en rendre compte de constater que le montant des achats en urgence opérationnelle, procédure qui permet de s'affranchir du processus normal, a été multiplié par 100 depuis 2005 !

L'objectif du groupe de travail sur les programmes d'armement est donc d'imaginer un nouveau processus d'acquisition viable juridiquement et administrativement qui, tout en garantissant la qualité des matériels et leur cohérence et en assurant le meilleur emploi des fonds publics, permette de passer de l'expression du besoin à la mise en service opérationnelle des matériels en 5 à 10 ans au lieu de 15 à 20 aujourd'hui.

 

Cet article a été publié dans le bulletin de veille de septembre.

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