Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 16:20
Vous pouvez désormais retrouver à la fois les articles de ce blog et une veille régulière des technologies liées à la défense sur le site Armée du futur.

Par ailleurs, le bulletin du comité est devenu "La Chouette", revue bimensuelle de l'ANAJ, dont le premier numéro est d'ores-et-déjà téléchargeable.

A bientôt.
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 13:19
Si vous suivez les recherches concernant l'invisibilité, vous avez déjà entendu parler des métamatériaux,  des matériaux qui détournent les ondes électromagnétiques (donc la lumière) pour rendre les objets invisibles aux signaux en bandes étroites en jouant sur les propriétés électromagnétiques de l'objet. Les métamatériaux sont construits en associant au moins deux matériaux à l'échelle macroscopique et non par processus chimique. Ils ont une propriété particulièrement intéressante : leur indice de réfraction négative, qui leur permet de modifier la direction des ondes électromagnétiques dans un sens tout à fait particulier, rendant de ce fait possible l'invisibilité. Plusieurs travaux rendus publics ces derniers mois tracent des pistes pour l'invisibilité.
Des chercheurs chinois ont développé une 'porte de l'invisible' contrôlable à distance capable de bloquer tout type d'onde électromagnetique tout en laissant passer tous les autres objets physiques1. L'équipe a même résolu le problème de la faible largeur de bande opérationnelle, typique des métamatériaux. Pour ce faire, elle a associé des métamatériaux à indice de réfraction négative à des matériaux ferrites et à des optiques de transformation pour détourner de la porte la lumière et d'autres ondes électromagnétiques (effet de dispersion). Comme une mince couche d'air sépare les deux côtés de la porte, les autres objets peuvent la franchir sans subir de perturbations. En outre, cette configuration est modulable pour optimiser la permittivité et la perméabilité et isoler le champ magnétique proche grâce une réaction magnétique appropriée. Dans la gamme de fréquences où l'indice de réfraction du métamatériau est négatif, les gens se tenant à l'extérieur de la porte verront une sorte de miroir. Si l'indice de réfraction du métamatériau est dans le spectre visible (entre 300 et 800 nanomètres), il bloquera toute la lumière visible, mais un tel composite n'a pas encore été créé.
Quoique...
La réponse vient peut-être d'Espagne, et plus précisément de chercheurs de l'Université Autonome de Barcelone. Ces derniers ont conçu un matériau appelé dc métamatériau qui a la propriété de rendre les objets qu'il entoure indétectables aux champs magnétique et électromagnétique à basse fréquence, donc à la simple lumière, en annulant les champs magnétiques internes sans altérer les champs extérieurs. Ce métamatériau consiste en un réseau irrégulier de superconducteurs, qui lui donnent ces propriétés magnétiques à même de créer des zones d'invisibilité dans le champ magnétique et dans des champs magnétiques à très basses fréquences. Il reste encore à l'équipe à élaborer un prototype en laboratoire et utiliser cet appareil pour améliorer la technologie de détection de champ magnétique [pouquoi comment? Quel rapport avec la détection?]. Certes, l'invisibilité à la lumière visible n'a pas encore été réalisée avec ces expériences, mais les scientifiques travaillent avec d'autres types de lumières (comme les microondes, les champs magnétiques à basse fréquence comme les ondes radio et les ondes télévisuelles, et même avec le c hamp magnétique terrestre). Parmi les applications, on pense bien sûr au domaine militaire (empêcher la détection des sous-marins et des bâtiments) mais la technologie serviraut aussi à améliorer les technologoies de magnétoencéphalographie et magnétocardiographie, pour lesquelles il est nécessaire de se protéger de tous les champs magnétiques externes.
A côté des métamatériaux, des mathématiciens de l'université de l'Utah, Fernando Guevara Vasquez, Graeme W. Milton et Daniel Onofrei, ont développé un système qui joue sur l'interférence destructive pour neutraliser activement, et ensuite reconstruire, les ondes qui se dirigent vers l'objet à rendre invisible2. Des capteurs placés en amont détectent les caractéristiques de l'onde (longueur, phase, amplitude) afin de pouvoir générer une onde annihilant les effets de l'onde entrante (même longuer et même amplitude mais phase opposée) ; ainsi, chaque pic de l'onde entrante correspond au creux de la deuxième onde, et vice-versa, l'addition des deux amplitudes donnant zéro en tout point.
L'avantage de cette solution sur les métamatériaux est que l'interférence destructive peut agir sur une largeur de bande plus importante et protéger des objets juqu'à 10 fois la longueur d'onde concernée, ce qui permettrait de protéger des objets plus volumineux. Les métamatériaux, par comparaison, n'agissent que sur une bande étroite car leur comportement dépend en grande partie de la fréquence à laquelle l'objet doit être invisible : des objets peuvent donc être invisibles à la lumière rouge mais apparaître à la bleue.
Pour l'instant, ce principe fonctionne en deux dimensions mais les mathématiciens doutent de la possibilité de l'étendre à la troisième dimension. En outre, parce que la lumière visible possède de minuscules longueurs d'onde (entre 380 et 750 nanomètres), seuls des objets microscopiques pourraient devenir insivibles par cette nouvelle méthode. Néanmoins, on peut penser à des applications d'invisibilité pour de nouveaux types d'antennes et dans la furtivité militaire. 


Sources :
http://www.gizmag.com/invisibility-cloak-becomes-closer-to-reality/12268/
http://www.gizmag.com/tunable-electromagnetic-gateway/12621/
http://www.gizmag.com/3d-metamaterials-invisibility/9804/
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 19:41

Le bulletin de veille d'octobre du comité est paru. Il est consacré au thème de l'énergie et de son rôle dans la défense. Parmi les sujets abordés ce mois-ci :
  • Le développement des énergies renouvelables
  • L'apparition des biocarburants et de politiques d'économie d'énergie dans les armées américaines
  • Les besoins énergétiques des systèmes d'armes
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 17:12
A travers son premier livre sorti en 2008, le lieutenant-colonel Olivier Entraygues s'appuie sur la numérisation du champ de bataille pour mettre à jour l'incapacité de l'Armée française à tirer pleinement les conséquences de ce bouleversement technique, aussi bien sur le plan des capacités nouvelles offertes que des réorganisations dans le commandement qu'il implique. Cela l'amène plus globalement à fustiger le conformisme de l'armée française dans son incapacité à intégrer les changements techniques dans ses doctrines et son organisation – une critique somme toute récurrente, hélas.

Citant le Comte de Guibert, le Lt-Co Entraygues rappelle que « la théorie peut poser des principes ; mais c'est ensuite au génie à en faire l'application ». Or, pour ne rien arranger, la rapidité de l'évolution technique requiert aujourd'hui de laisser une plus grande marge de liberté au tacticien pour adapter ses plans tout en restant dans le cadre de la doctrine, qui doit dès lors ne pas être trop contraignante.

Il s'appuie ensuite sur la pensée du major-général Fuller et du capitaine Liddle Hart pour dire qu'il existe un lien structurel entre l'économie et la tactique, et montre par des exemples historiques que la tactique doit suivre l'évolution de la technique au risque d'assister au déclin du modèle de civilisation afférent. Cependant, si « l'évolution tactique est marquée par une série de rencontres entre l'Homme et la technique », le tacticien ne doit pas être pour autant « asservi à ses outils » mais doit « retrouver l'initiative tactique en dépit des contingences » grâce à une imagination créatrice, que promeut avec force Fuller.  Il s'agit donc de trouver « un modèle propice à la résurgence de la manoeuvre tactique face à des menaces hybrides dans des situations évolutives ».

Ceci posé, Olivier Entraygues revient sur la numérisation pour souligner les problèmes qu'elle engendre au regard du lien technique/tactique, et proposer des solutions. Ainsi, pour améliorer la manoeuvre et gagner en souplesse, il propose une organisation tactique à cinq pions tactiques, un racourcissement de la chaîne de commandement, et une autonomie plus grande concédée à l'officier, qui pourrait alors faire preuve de davantage d'esprit d'initiative.

L'élément humain est en effet central dans son livre, où on le voit souligner que le renseignement technique ne dit rien des passions humaines, qui sont pourtant à la base des actions violentes, et qu'il y a une limite à la vitesse de traitement des informations – rappelant ainsi que les avancées techniques sont conditionnée à la capacité humaine d'en profiter. A travers cet ouvrage, le lieutenant-colonel Entraygues insiste pour remettre l'Homme au centre de la guerre car selon lui, la vraie victoire ne peut être que Homme contre Homme et non Esprit contre Machine.

Pour cela, l'auteur appelle à ne pas se laisser emporter par une approche trop technologisante mais de redonner toute sa place à la tactique et à la contre-tactique, définie comme « le refus des conditions d'un adversaire qui vient de nous surprendre ». A cette fin, le Lt-Co invite à penser l'impensable pour ne pas se faire surprendre et à se mettre à la place de l'ennemi pour chercher la faille dans le dispositif adverse. Adopter cette posture revient en réalité à redonner toute sa place aux sciences humaines, passée au second plan dans une société qui privilégie les sciences dites dures – la technique donc. Cela signifie donc redécouvrir tout l'apport de l'histoire, une étude déjà conseillée par Machiavel dans Le Prince pour les mêmes raisons, mais aussi de la sociologie et de l'anthropologie dans la formation de l'officier, afin de lui « apprendre à être et à devenir curieux en tout temps et tout lieu », à « devenir un homme de savoir apte à agir dans un esprit de modération ».  Ce retour des sciences humaines s'accompagnerait également d'une revalorisation de la culture du risque et de l'intuition, mise à mal par l'approche technico-scientifique des choses qui pousse à avoir une démarche méthodique.

En somme, à  travers le cas de la numérisation du champ de bataille, l'auteur remet en cause l'asservissement à la technique qu'il perçoit dans son quotidien, notamment dans la façon mécaniste de travailler imposée au tacticien. Pour en sortir, Olivier Entraygues appelle rien de moins qu'à retrouver une véritable pensée militaire française.  

« Ce n'est pas le nombre d'hommes ou de machines qui remportera le succès, mais une tactique moderne ».
J. F. C. Fuller


Olivier Entraygues, Lorsque les tacticiens devinrent imaginatifs..., La plume et l'épée, 2008.
Publié  à compte d'auteur.
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 21:01
Dans le cadre de sa réflexion sur l'armée du futur, le comité lance un groupe de travail sur la conduite des programmes d'armement. En effet, si la performance du matériel est un élément majeur de la supériorité des armées modernes, cette performance ne peut plus être comprise aussi simplement qu'auparavant. Ce n'est plus seulement la vitesse, la portée ou la précision qui importent, il faut être en permanence adapté à l'ennemi qu'on combat. Or, la plupart des matériels entrés en service récemment, donc a priori performants, ont en réalité été lancés pour faire face à l'Union Soviétique : le Leclerc en 1972, le Tigre en 1984, le VBCI en 1988, etc.

A un moindre niveau, nous sommes confrontés quotidiennement à des évolutions tactiques et techniques. L'utilisation des engins explosifs improvisés en Irak ou en Afghanistan fournit un bon exemple de la réactivité et même de l'inventivité de nos ennemis. Sauf à retrouver un adversaire unique et stable, il faut prendre conscience que, quelles que soient ses qualités techniques, un matériel dont le développement dure plus de 10 ans sera fatalement inadapté.

Ces durées ne peuvent que partiellement s'expliquer par la complexité des matériels à développer : ainsi le canon CAESAR, développé sur fonds propres par Nexter et proposé à l'armée française dès 1993, n'est-il entré en service que cette année. Cette lenteur s'explique par le processus même d'acquisition : son principe, datant pour l'essentiel de 1988 et reposant sur des itérations successives, ne permet pas des acquisition rapides. Sa réforme est donc inévitable. Il suffit pour s'en rendre compte de constater que le montant des achats en urgence opérationnelle, procédure qui permet de s'affranchir du processus normal, a été multiplié par 100 depuis 2005 !

L'objectif du groupe de travail sur les programmes d'armement est donc d'imaginer un nouveau processus d'acquisition viable juridiquement et administrativement qui, tout en garantissant la qualité des matériels et leur cohérence et en assurant le meilleur emploi des fonds publics, permette de passer de l'expression du besoin à la mise en service opérationnelle des matériels en 5 à 10 ans au lieu de 15 à 20 aujourd'hui.

 

Cet article a été publié dans le bulletin de veille de septembre.

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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /2009 17:25

Le bulletin de veille d'octobre du comité est paru. Parmi les sujets abordés ce mois-ci :
  • Réflexion sur les EEI (à retrouver en version intégrale : Face à l'imagination créatrice des insurgés)
  • Vers l'auto-réparation des appareils électroniques
  • Projets de véhicules logistiques sans pilotes
  • Quel avenir pour le GPS ?
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 17:34
Les EEI (engins explosifs improvisés) sont emblématiques de la créativité et de l'approche originale de l'armement des insurgés. Leur efficacité repose sur le fait qu'ils explosent à proximité de leur cible, soit via un commando-suicide, soit parce que le déclenchement se fait par la victime. Par conséquent, l'EEI a la même efficacité qu'une arme à guidage de précision mais pour un coût défiant toute concurrence (quelques milliers de dollars). En effet, les insurgés utilisent pour l'armement et l'ignition des produits du commerce. Quant à la charge explosive, il s'agit d'obus militaires ou d'autres composants explosifs laissés sur le terrain par les forces régulières[1] ; à défaut, ils recourent au marché noir ou aux produits artisanaux. De plus, comme les EEI ne sont ni lancés par avion ni tirés d'un canon, la charge n'a pas besoin d'être en parfait état ni d'être stockée dans un endroit sec. Peu de besoins financiers, faible soutien logistique : la barrière à l'entrée de la fabrication, du stockage et de l'utilisation d'EEI est donc particulièrement basse.

Se tourner vers le marché mondial offre un autre avantage, et de taille : cela dispense de devoir maîtriser la technologie – et donc de financer les étapes de R&D, d'essais et de production : seule compte la capacité à savoir s'en servir. Les insurgés ont compris – avant les forces armées – que le secteur civil produisait désormais des produits électroniques de plus en plus petits, légers et efficaces, moins chers et plus fiables qu'avant. Les temps ont changé, et celui où le secteur militaire concevait des produits plus performants que le secteur civil est révolu. Les irréguliers font désormais confiance aux laboratoires de recherche des entreprises et au pouvoir créatif du marché.

Et l'histoire semble – du moins pour le moment – leur donner raison. Comme ces engins explosifs sont par définition improvisés, même si les forces régulières trouvent une parade, la multitude des systèmes disponibles dans le commerce leur offrent autant d'alternatives pour lesquelles les forces régulières n'ont pas nécessairement de parade immédiatement disponible. En outre, parce que ce sont des produits du commerce, les signaux du spectre électromagnétique qu'ils émettent ne se distinguent pas de la masse des signaux émis quotidiennement par les activités civiles ordinaires. Et même si cinq tentatives sur six sont déjouées en Irak[2], la sixième qui réussit leur procure une grande efficacité politique pour un coût total ridiculement bas par comparaison aux moyens déployés pour les contrer, tant humains que matériels ou financiers[3]. Pour le dire autrement, leur productivité de fabrication de nuisance est élevée.

Face à la population, enjeu du conflit, cela leur confère l'initiative et les dispense d'un soutien populaire pour atteindre leurs objectifs. En revanche, les forces régulières sont dépeintes comme inefficaces, ce qui n'est pas propice à attirer le soutien. Cette liberté d'initiative et le caractère secondaire du soutien populaire contribuent à la difficulté de mettre un terme à l'insurrection.

Par ailleurs, nous pouvons souligner que nos choix économiques (mondialisation et libéralisme économique) et politiques (ne pas nettoyer le terrain) contribuent à deux caractéristiques qui font leur succès : leur bas coût de fabrication et leur facilité de fabrication. En d'autres termes, à moins de modifier nos choix, il est à craindre que nos armées auront encore longtemps à affronter des menaces type EEI.

Face à cela, les armées ont pris le parti de Une question mérite pourtant d'être posée : la technologie ou le matériel peuvent-ils nous aider à reprendre la main ?


[1] Les stocks d'obus en Irak peuvent permettre de continuer les attaques à l'EEI pendant presque 250 ans.
[2] Source : Arnaud de la Grange
[3] Les forces régulières réagissent en mobilisant des effectifs et en lançant des programmes onéreux de développement d'outils de protection. A titre d'illustration, le ministère canadien de la Défense dépensera 100 millions de dollars afin de faire face aux engins explosifs improvisés en Afghanistan. L’argent servira à acheter des aéronefs et d’installer des tours pour surveiller les environs des bases canadiennes, des véhicules spécialisés pour détruire des mines ainsi que de l’équipement de laboratoire destiné aux enquêtes sur l’origine des bombes. Les EEI sont la principale cause de mortalité des soldats canadiens en Afghanistan. La lutte contre les EEI est devenue l'un des plus importants programmes publics de toute l'histoire des Etats-Unis avec le projet Manhattan ou le projet Apollo.
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 15:51
A l’initiative de Lothaire Claudel, membre du comité Armée du Futur, une petite – hélas trop petite – délégation d’Anajiens a eu le grand privilège de découvrir les richesses historiques, patrimoniales et scientifiques de l’Observatoire de Paris. En effet, au cœur de la capitale, ce sont près de 400 scientifiques qui oeuvrent à des problèmes d’astronomie, d’astrophysique ou de calcul du temps… dans un cadre à la fois chargé d’histoire et équipé des dernières techniques de pointe.

Même si aucun d’entre nous n’a pu s’exercer à l’observation du ciel, nous avons eu la chance de découvrir le bâtiment principal de l’Observatoire, avec son dôme blanc si caractéristique, et d’accéder à sa terrasse (un point de vue incroyable !).


Ce sont ensuite dans les sous-sols, soigneusement protégés, que notre guide, Arnaud Lecallier, doctorant en physique atomique, nous a – patiemment – expliqué ses recherches : la construction d'une horloge optique à atomes de Strontium piégés. Nous avons alors compris qu’une horloge n’a pas nécessairement pour fonction de donner l’heure ! L'enjeu d'une telle "horloge" serait plutôt l'ultrastabilité* et l'exactitude de la fréquence qu'elle réalise (dans une perspective métrologique de redéfinition de la seconde, pour certaines mesures très précises de physique fondamentale, mais également pour des applications spatiales et militaires).


Nous souhaitons grandement remercier Arnaud Lecallier pour sa disponibilité et pour les éclairages passionnants qu’il nous a apportés."


* : terme ad hoc pour qualifier les hautes performances en stabilité des oscillateurs
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 11:15
Le comité Armée du Futur vous propose de participer à la visite de l'Observatoire de Paris, et plus particulière du département qui s'occupe des horloges atomiques. Ces horloges ont une grande fonction pour les satellites, le calcul GPS, les voyages dans l'espace, etc.

Les laboratoires étant très petits, très peu de personnes pourront faire la visite - qui inclut les jardins. Par conséquent, seuls les premiers à confirmer leur intérêt et leur disponibilité pour cette date seront retenus.
Pour ceux qui n'auront pas la chance de participer à cette visite mais souhaitent néanmoins voir les jardins, sachez que l'Observatoire les ouvre lors de la Journée du Patrimoine (week-end du 19/20 septembre).
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 11:04

La Guerre hors limites est un ouvrage publié en 1999 par deux colonels de l'armée de l'air chinoise, Qiao Liang et Wang Xiangsui, tous deux issus de carrières plus politiques qu'opérationnelles. La traduction française date de 2003.

 

Un art de la guerre pour le XXIe siècle... 

La première partie de cet ouvrage s'attache à tirer les leçons de la fin de la Guerre Froide et des conflits des années 90 pour dessiner ce qu'est la guerre contemporaine. Celle-ci se caractérise selon les auteurs par la complexité des objectifs et des moyens, avec la disparition de la distinction avant/arrière et l'irruption d'acteurs non-étatiques et de stratégies non-militaires.Les auteurs mettent en avant  l'utilisation de moyens économiques, financiers, technologiques, etc. en complément des moyens militaires. Les nouveaux guerriers varient du hacker au banquier, en passant par le terroriste auquel cet ouvrage accorde une importance assez prémonitoire, évoquant déjà un « terrorisme à la Ben Laden » défiant les États-Unis.

L'analyse de la première Guerre du Golfe renforce partiellement ce point de vue par le rôle qu'y jouèrent les médias. On y discerne d'autres nouveautés : la numérisation de l'espace de bataille, le renouveau des corps expéditionnaires, l'apparition de la guerre informatique et électronique, mais aussi l'idéal paradoxal d'une victoire sans victime.

Pour les auteurs, le constat est clair : les États-Unis sont en tête et il appartient aux autres pays de les imiter au plus vite.

La seconde partie s'appuie sur ces conclusion pour tenter de dégager les grandes lignes d'un nouvel art de la guerre.

Les auteurs constatent que les menaces les plus graves pour les États ne sont plus aujourd'hui militaires, avec une conséquence : il faut élargir la définition de la guerre. Ainsi, « face à un ennemi qui méprise les règles, il n'y a certainement pas de meilleure tactique pour s'en défendre que de les transgresser aussi ». Tous les moyens deviennent bons pour abattre un adversaire : « guerre » médiatique, commerciale, financière, idéologique ; dans l'esprit des auteurs, même les règlements ou les sanctions édictés par les organisations internationales peuvent être assimilés à des actes de guerre.

C'est sur cette base qu'est définie la « guerre hors limites ». Les limites traditionnelles de la guerre sont rejetées : limites de lieux, de moyens, de domaines, et finalement d'intensité. « Pour gagner des guerres », écrivent les auteurs, il faut « apprendre à renverser l'ordre des degrés, et à combiner tous les facteurs, des actions supranationale aux combats concrets ».

 

... ou le retour à une conception archaïque des relations entre États ? 

A la lecture de cet ouvrage, on doit évidemment se demander dans quelle mesure il reflète la pensée militaire chinoise actuelle.Il est probable qu'il soit assez représentatif. En effet, sa principale innovation revient à mettre en pratique une vieille maxime de Sunzu : « gagner cent fois en cent batailles n'est pas le comble du génie, vaincre l'ennemi sans combat voilà le sommet de l'excellence ». Et l'on sait que les Chinois pratiquaient déjà la guerre économique pendant que les Grecs jetaient les bases de la conception de la guerre qui s'est imposée depuis : un affrontement violent, frontal et décisif. Le désir d'échapper à ce carcan pour revenir à une « guerre hors limites », c'est-à-dire essentiellement sans règles, se justifie donc autant par la tradition chinoise que par l'écrasante supériorité militaire américaine. 

Cependant, cet ouvrage pêche par l'absence de rigueur sémantique. La guerre, écrivait Clausewitz, est caractérisée à la fois par le moyen, la violence physique extrême, et la fin : imposer sa volonté à un adversaire. Il semble que pour Qiao Liang et Wang Xiangsui, les moyens n'importent plus ; mais dans ce cas, la différence entre guerre et concurrence est-elle seulement subjective ?

Si on veut appeler « guerre » indifféremment une opération militaire conventionnelle, la spéculation sur une devise ou une sanction de l'OMC, on en arrive nécessairement à considérer comme des actes de guerre l'essentiel des actions qui font les relations quotidiennes entre États. Or, il existe bien une graduation objective, ne serait-ce qu'entre actions violentes et non-violentes. Le fait que ces limites soient parfois mouvantes et difficiles à définir (limites entre actions légitimes et illégitimes, légales et illégales, etc.) ne prouve pas qu'elles n'existent pas.

Cette conception est par ailleurs inopérante à cause des risques d'escalade qu'elle comporte. C'est ici que la thèse des auteurs touche le plus clairement ses insuffisances : comment penser une guerre sans limite de degré dans un monde nucléarisé ? La question est évacuée dans les toutes dernières pages du livre.

En ne levant pas ce point, les auteurs se cantonnent à présenter une conception datée, et par ailleurs immature, des relations internationales, témoignant surtout de leur sentiment de se trouver dans une citadelle assiégée.

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Le comité

Logo de l'association nationale des auditeurs jeunes de l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (ANAJ-IHEDN)Le comité "armée du futur" de l'association nationale des auditeurs jeunes de l'IHEDN est un groupe de réflexion sur l'avenir de la défense.  Composé d'étudiants et de jeunes professionnels, il a pour ambition de proposer un point de vue original sur le futur des forces armées.

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